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Les tortues marines en Méditerranée : rencontres fragiles en croisière


Les tortues marines en Méditerranée : rencontres fragiles en croisière

Elles ont survécu aux dinosaures, traversé 150 millions d'années d'évolutions climatiques. Aujourd'hui, six des sept espèces de tortues marines sont menacées d'extinction. Pourtant, lors d'une croisière en catamaran, on peut encore croiser leur silhouette qui glisse sous la surface. Un privilège. Et une responsabilité.

 

Des reptiles taillés pour la mer

 

Les tortues marines appartiennent à la superfamille des Chelonioidea. On les trouve dans tous les océans, à l'exception de l'Arctique. Elles préfèrent les eaux tropicales et subtropicales, mais certaines espèces fréquentent aussi les zones tempérées de Méditerranée.

 

Leur carapace, plate et hydrodynamique, est recouverte d'écailles ou de cuir épais. Leurs pattes avant, transformées en palettes natatoires, leur permettent de filer à 35 km/h. Les pattes arrières, courtes et larges, servent de gouvernail. Loin du cliché de la tortue lente, ce sont des nageuses puissantes.

 

Elles ne quittent l'eau que pour pondre. Le reste du temps, elles suivent des corridors biologiques sous-marins, guidées par le champ magnétique terrestre. Solitaires par nature, elles se rassemblent uniquement sur les plages de ponte, toujours les mêmes, celles où elles sont nées.

 

Sept espèces, sept destins

 

La tortue luth : la géante solitaire

 

Seule représentante de la famille des dermochélyidées, la tortue luth peut peser 450 kg et dépasser les deux mètres. Sa carapace, sans écaille, est recouverte d'un cuir épais. C'est la plus imposante des tortues marines.

 

La tortue verte : l'herbivore de Méditerranée

 

Chelonia mydas est la plus grande des cheloniidés : jusqu'à 250 kg, entre 80 et 130 cm. Carnivore dans ses premières années, elle devient végétarienne à l'âge adulte. Son nom vient de la couleur verdâtre de sa chair, liée à son régime à base de plantes marines. Inscrite sur la Liste rouge, elle est protégée depuis 1983. Mais elle reste victime de collisions avec les navires et des filets de pêche.

 

La tortue caouanne : la broyeuse de crabes

 

Caretta caretta mesure jusqu'à 1,20 mètre pour 200 kg. Carnivore, elle se nourrit de méduses, de crabes, de crevettes. Grâce à son puissant muscle maxillaire, elle broie les crustacés avant de les avaler. C'est l'espèce la plus fréquemment observée en Méditerranée lors des croisières.

 

La tortue imbriquée : victime de sa beauté

 

Eretmochelys imbricata pèse de 60 à 90 kg pour une taille de 60 à 120 cm. Omnivore, elle se nourrit d'éponges qui rendent sa chair toxique. Si cette particularité la protège du braconnage alimentaire, elle est traquée pour ses écailles magnifiques, utilisées dans la fabrication de peignes et de bijoux.

 

La tortue olivâtre : les arribadas spectaculaires

 

Lepidochelys olivacea doit son nom à la couleur vert-olive de sa carapace. Elle mesure de 50 à 75 cm pour 40 à 50 kg. On la connaît surtout pour ses débarquements massifs de femelles sur les plages du Pacifique, appelés « arribadas » en espagnol.

 

La tortue de Kemp : la plus rare

 

Lepidochelys kempii est la plus petite (45 à 70 cm, 30 à 50 kg) et la plus timide. Elle pond principalement sur une seule plage du Mexique : Playa de Rancho Nuevo.

 

La tortue à dos plat : l'Australienne

 

Natator depressus ne se rencontre qu'en Australie, Papouasie-Nouvelle-Guinée et Indonésie. Elle mesure de 95 à 130 cm pour 100 à 150 kg. Carnivore, elle se nourrit de concombres de mer, de coquillages et de méduses.

 

Les menaces : naturelles et humaines

 

Les dangers naturels

 

À terre, les nids sont saccagés par les mangoustes ou les chiens. Les nouveau-nés sont la proie des crabes et des oiseaux au moment de l'émergence. Dès leur plongée en mer, les jeunes tortues sont dévorées par les oiseaux ou les grands poissons pélagiques. À l'âge adulte, requins et orques restent une menace.

 

Ces dangers naturels, les tortues y ont toujours fait face. Ce qui a changé, c'est l'intervention humaine.

 

La pollution plastique

 

Les tortues confondent les sacs plastiques avec les méduses. Elles les ingèrent et meurent étouffées ou intoxiquées. La pollution marine cause chaque année des milliers de décès.

 

Le braconnage et le prélèvement d'œufs

 

Malgré les efforts de protection, le braconnage persiste. Viande, cuir, œufs : les tortues sont encore exploitées, souvent pour des pratiques culturelles ou culinaires. Le prélèvement clandestin d'œufs reste courant dans certaines régions.

 

Les captures accidentelles

 

Chaque année, des milliers de tortues adultes ou proches de la maturité sexuelle sont prises accidentellement dans les engins de pêche. Les collisions avec les navires représentent une menace secondaire mais réelle.

 

La destruction des sites de ponte

 

L'urbanisation du littoral, les aménagements côtiers, la pollution lumineuse : tout cela désorganise les sites de ponte. Les tortues utilisent la lumière pour se diriger vers la mer. Les éclairages artificiels les désorientent. Femelles en ponte et nouveau-nés se dirigent vers les lumières au lieu de rejoindre l'eau. Hyperthermie, déshydratation, mort.

 

Les récifs coralliens, asphyxiés par les sédimentations liées aux travaux. Les herbiers, détruits par les ancres et les chaînes. Les espèces invasives qui prolifèrent. L'écosystème entier est fragilisé.

 

Ce qu'on peut faire

 

À bord d'un catamaran

 

En croisière, on observe les tortues à distance. On ne touche jamais leur carapace, recouverte d'un mucus protecteur qui empêche les coquillages et les algues de s'y développer. On signale leur présence au skipper, qui adapte la route pour éviter toute collision.

On ramasse les déchets flottants. On trie ses poubelles à bord. On limite sa consommation de plastique. Petits gestes, impact réel.

 

Les efforts en cours

 

Certaines populations se sont stabilisées grâce à des initiatives locales : protection des sites de ponte, lutte contre le braconnage, nouvelles technologies de pêche pour réduire les captures accidentelles.

 

Le tourisme lié aux tortues marines génère trois fois plus d'argent que la commercialisation de leur viande, de leur cuir ou de leurs œufs. L'argument économique finit par convaincre.

 

Des sites d'élevage commencent à repeupler les océans. Les restaurants n'affichent plus de plats de tortues au menu. Les croisières en catamaran se veulent respectueuses, conscientes.

 

Ce qui reste à faire

 

Mieux connaître leurs habitudes, leur cycle de vie. Aménager et préserver les sites de ponte du tourisme de masse. Lutter contre la pollution lumineuse. Créer des traités internationaux pour protéger les tortues durant leurs migrations.

 

Une rencontre qui engage

 

Croiser une tortue marine lors d'une croisière en Méditerranée, c'est assister à un miracle de résilience. 150 millions d'années d'évolution. Et aujourd'hui, la menace d'extinction. On peut encore inverser la tendance. Chaque geste compte. Chaque rencontre responsable aussi.

Pour observer les tortues marines dans leur habitat naturel tout en respectant leur environnement, Catlante Catamarans propose des croisières aux Grenadines où l'on nage avec les tortues dans le parc marin protégé des Tobago Cays. Ces croisières dans les Caraïbes incluent également des escales à Saint-Barthélémy, où la réserve marine d'Anse Colombier abrite raies, langoustes et tortues. Aux Seychelles, on rencontre les célèbres tortues géantes de Curieuse et les tortues marines dans le parc marin de Sainte-Anne.

 

En Méditerranée, lors des croisières en Corse dans la réserve de Scandola, inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, Catlante sensibilise ses passagers à la protection des écosystèmes marins, adoptant des pratiques écologiques comme la réduction des déchets plastiques et l'utilisation de produits de nettoyage respectueux de l'environnement. Chaque rencontre avec une tortue marine devient ainsi une invitation à préserver ces reptiles extraordinaires qui ont traversé les millénaires.